Articles récents

09

Développement dynamique pour l’agriculture bio, mais rien n’est acquis

5 % de la SAU en France. C’est ce que représente l’agriculture bio, si l’on se réfère aux derniers chiffres publiés par l’Agence Bio. Les conversions s’accélèrent, avec 3 000 nouveaux agriculteurs en bio sur le 1er semestre 2017. Au total, la France recense 32 264 producteurs en bio, soit une progression de 12 % en 2016. Ils pèsent pour 77 700 emplois directs en équivalent temps plein.

DSC_0353

Mais le ciel de la bio n’est pas tout bleu. Des nuages noirs s’amoncellent, les uns provenant de l’Etat Français, les autres de l’Union Européenne.

Les futurs bio victimes de retard de paiement

En France, le problème est lié au financement des conversions et des mesures de maintien en production bio. L’Etat affiche un retard de deux années. Le média Les Echos pointe du doigt le manque d’anticipation, alors que l’ancien ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll avait décidé d’augmenter les aides à la conversion et d’allonger la période de leur versement. Situation compliquée par « le manque d’expérience des conseils régionaux auxquels ont été transférés la gestion des aides européennes du pilier 2 ».

Sur son site, Le Monde présente le témoignage d’un céréalier installé sur 160 ha dans les Yvelines : il ne devrait toucher le solde de 2015 et celui de 2016 seulement en mars 2018. Quelques dizaines de milliers d’euros sont en jeu. « Pour les agriculteurs bio, le versement des aides est devenu un véritable casse-tête », conclut l’article.

Ces retards inquiètent fortement Florent Guhl, le directeur de l’Agence Bio. Il déclare sur Terre-net que « si on ne fait rien aujourd’hui, la France risque de dépendre de l’importation pour sa consommation bio d’ici une dizaine d’années ».

Des conceptions très différentes du bio

Le risque est réel, d’autant que tout le monde n’a pas la même conception du bio. Le site Agriculture et Environnement rappelle la volonté de la Commission Européenne « de lever les obstacles au développement durable de la production biologique dans l’Union Européenne ».

Certains veulent l’assouplissement des règles, notamment les pays nordiques, qui veulent autoriser la culture en bacs en production bio. Cette culture hors-sol est l’un des principaux litiges avec les responsables professionnels de la filière bio en France. Les uns veulent maintenir le lien au sol, les autres mettre en avant une meilleure efficience des mesures de biocontrôle.

Derrière ces divergences techniques se cachent d’importants enjeux économiques dans un contexte où la demande en bio connait une forte dynamique positive. Aux Européens du Nord, s’ajoutent les Américains, les Israéliens… très actifs sur le marché de la culture hors-sol.


Leave a Comment